Musée du cloître Saint-Corneille


Cette annexe du Musée Antoine Vivenel, située dans un ancien cloître, retrace l’histoire de l’abbaye Saint-Corneille et présente un bel ensemble de sculptures religieuses d’époques médiévale et Renaissance issues des collections du musée.



L'abbaye Saint-Corneille est fondée en 877 par l’empereur Charles le Chauve et dotée de précieuses reliques qui font la réputation et la richesse de l'abbaye. Les rois de France viennent séjourner à Compiègne et comblent d'attentions l’abbaye, où certains y sont sacrés : Louis II le Bègue (877), Eude (888), Louis V (979) et Hugues II (1017)  et plusieurs y sont enterrés : Louis II le Bègue (879), Louis V (987) et Hugues II (1025). Ayant remplacé le collège des chanoines au XIIe siècle, les Bénédictins font prospérer l'abbaye qui dépend directement du pape et non de l'évêque de Soissons. Dès 1483, l'abbaye tombe en commende, ses abbés ne sont plus élus par la communauté, mais désignés par le roi. En 1656, Saint-Corneille tombe sous la coupe de l'abbaye du Val-de-Grâce ; désormais, sans abbé, les prérogatives séculaires de l'abbaye sont peu à peu battues en brèche par les évêques de Soissons. La Révolution lui est fatale : la communauté est dissoute en 1790. L'église abbatiale est rapidement destinée à la vente, elle est alors profanée et pillée. L’édifice concédé à l'armée devient une fabrique de salpêtre puis un magasin à fourrage. Cédée à la Ville par le ministère de la Guerre, Saint-Corneille est démolie afin de percer la rue qui porte aujourd'hui son nom et où seul le cloître demeure encore debout.
 
Certaines des sculptures exposées sont liées à l’histoire du lieu comme la précieuse Vierge au pied d’argent (vers 1270) que le roi saint Louis aurai offert à l’abbaye et la dalle funéraire d’un religieux de Saint-Corneille du XVIe siècle. D’autres témoignent de l’histoire religieuse de Compiègne : une tête d’homme du XIIIe siècle provenant de l’église des Minimes ou le Christ séraphique du XVe siècle du couvent des Cordeliers. Quelques œuvres illustrent les différents thèmes iconographiques de l’art religieux comme le retable, datant du XVIe siècle, consacré à la Vierge, provenant du monastère de Saint-Arnould à Crépy-en-Valois et des éléments de Saint Sépulcre, dont un remarquable Saint Joseph d'Arimathie (vers 1500), acquis par Antoine Vivenel.

Cloître Saint Corneille

Tête d'homme,  XIIIe siècle

Vierge au pied d'argent, vers 1270

Saint Joseph d'Arimathie, vers 1500